Aujourd’hui la Commission européenne a adopté la version révisée des ESRS

L’Union européenne vient de transformer en profondeur le reporting de durabilité. Aujourd’hui, le 3 juillet 2026, la Commission européenne a adopté la version révisée des ESRS — la mise à jour la plus importante depuis l’entrée en vigueur de la CSRD. Le nouvel acte délégué réduit de 61 % le nombre de points de données obligatoires, renforce l’interopérabilité avec les normes ISSB et la Taxonomie européenne, et clarifie l’application pratique du principe de matérialité.

Pour les entreprises qui préparent leur prochain état de durabilité, c’est un véritable tournant :

  • Adoption anticipée possible dès 2026
  • Application obligatoire à partir de 2027
  • Allègements, règles plus claires et charge de reporting réduite
  • Accent renforcé sur une information standardisée, utile à la décision et réellement matérielle

Vous trouverez ci‑dessous un résumé des principaux changements — et leurs implications pour vos processus de reporting.

Vous pouvez télécharger la version révisée des ESRS ici : https://ec.europa.eu/finance/docs/level-2-measures/csrd-delegated-act-2026-5010-annex_en.pdf 

 

Acte délégué CSRD 2026 : ce qu’il faut savoir pour préparer votre prochain rapport de durabilité 

Le 3 juillet 2026, la Commission européenne a adopté une mise à jour majeure des European Sustainability Reporting Standards (ESRS). Cet acte délégué simplifie le cadre de reporting, réduit les points de données obligatoires et clarifie la manière dont les entreprises doivent appliquer la matérialité. Il s’agit de la révision la plus significative depuis l’introduction des ESRS en 2023 — et elle impacte directement les rapports à partir de l’exercice 2027, avec une adoption anticipée possible dès 2026.

  1. Pourquoi les ESRS ont été révisés

Cette révision s’inscrit dans le paquet de simplification Omnibus I, qui vise à réduire la charge administrative tout en préservant les objectifs fondamentaux de la CSRD. La Commission explique que cette mise à jour était nécessaire pour :

« supprimer les points de données jugés les moins importants… mieux distinguer les points obligatoires des volontaires… et fournir des instructions claires sur l’application du principe de matérialité. »

L’objectif : rendre le reporting de durabilité plus simple, plus clair et plus proportionné, en particulier pour les entreprises ayant des chaînes de valeur complexes. 

  1. Quand les nouvelles normes s’appliquent 

L’acte délégué précise :

« Les entreprises doivent utiliser les ESRS révisés à partir de l’exercice 2027. Elles peuvent choisir de les utiliser également pour l’exercice 2026. » 

Calendrier

  • 2026 : adoption anticipée possible
  • 2027 : application obligatoire pour toutes les entreprises concernées
  • Entrée en vigueur : quatre mois + une semaine après l’adoption (≈ novembre 2026)

Les entreprises qui reportent pour l’exercice 2026 doivent indiquer explicitement la version des ESRS utilisée.

  1. Simplifications clés 

3.1 Moins de points de données obligatoires (‑61 %) 

Selon l’avis technique de l’EFRAG :

« Réduction de 61 % des points de données obligatoires tout en préservant les objectifs du Pacte vert européen. »

Résultat : des rapports plus courts, moins de tableaux, et un focus renforcé sur ce qui est réellement matériel.

3.2 Règles de matérialité plus claires et plus pratiques

La matérialité est le mécanisme central pour déterminer ce qui doit être publié.

La Commission précise que les entreprises :

« ne doivent pas publier d’informations non matérielles, sauf dans certaines circonstances clairement définies. »

Nouvelles orientations :

  • Une approche descendante (top‑down) permet à l’entreprise d’éviter un travail inutile et, de manière générale, d’éviter d’évaluer la matérialité de chaque impact, risque ou opportunité individuellement.
  • Autorisation explicite d’omettre les informations commercialement sensibles.
  • Plus de flexibilité concernant la prise en compte de contextes géographiques spécifiques lors de l’évaluation de matérialité – et clarification selon laquelle le niveau de désagrégation utilisé pour l’évaluation de matérialité n’implique pas que l’information doive être reportée au même niveau de désagrégation.
  • Le texte précise que la communication des effets financiers anticipés repose probablement sur des estimations, et que celles‑ci peuvent être mises à jour ultérieurement à la lumière de nouvelles informations sans que cela constitue une “erreur” de reporting – une année supplémentaire de phase‑in est aussi introduite pour les informations qualitatives et quantitatives.
  • Allègements en cas de coûts ou d’efforts disproportionnés, ainsi que pour les limitations liées à la chaîne de valeur.

3.3 Meilleure interopérabilité avec les normes mondiales

Alignement renforcé avec :

  • ISSB
  • Taxonomie européenne
  • CSDDD

Par exemple, les entreprises peuvent désormais utiliser le contrôle financier ou le contrôle opérationnel pour définir les périmètres d’émissions GES — en cohérence avec les pratiques internationales. 

3.4 Nouveaux allègements et phases d’introduction 

Flexibilités supplémentaires :

  • Une année supplémentaire pour les effets financiers anticipés
  • Phase‑in d’un an pour les substances extrêmement préoccupantes
  • Allègements pour les nouvelles acquisitions, opérations conjointes et activités non significatives
  1. Ce qui reste obligatoire

Malgré la simplification, plusieurs éléments clés demeurent :

  • Double matérialité et reporting sur IRO, politiques, actions, objectifs et indicateurs
  • Plans de transition climatique (avec transparence si non alignés sur 1,5°C)
  • Informations sur les microplastiques primaires
  • Émissions de polluants (selon l’évaluation managériale)
  • Incidents en matière de droits humains (uniquement les cas « vérifiés et étayés ») 
  1. Économies de coûts attendues 

Selon l’analyse coûts‑bénéfices de l’EFRAG :

« Les économies de coûts de reporting correspondent en moyenne à 34 % des coûts de référence… les économies cumulées atteignent environ 4,7 milliards d’euros sur 2027–2031. »

  1. Ce qu’il faut faire maintenant 

Étape 1 — Décider d’une adoption anticipée (exercice 2026)

Cela peut simplifier votre rapport 2026, mais nécessite une transparence sur la version utilisée. 

Étape 2 — Mettre à jour vos systèmes internes de reporting

Les ESRS révisés sont plus simples, mais exigent :

  • des modèles mis à jour
  • des structures de données adaptées
  • une gouvernance et des contrôles actualisés
  • une cohérence avec la CSDDD et la Taxonomie européenne
  1. Conclusion

L’acte délégué de 2026 marque un véritable tournant et met fin à une longue période d’incertitude. Les ESRS deviennent plus proportionnés, mieux alignés sur les normes internationales et nettement plus faciles à comprendre et à mettre en œuvre. Les entreprises qui adoptent une approche de reporting standardisée, fondée sur la matérialité, produiront des états de durabilité plus courts, plus clairs et plus utiles pour la prise de décision — avec des coûts réduits et une charge administrative allégée.

Un état de durabilité bien structurée et lisible par machine renforce également la gouvernance, accélère l’apprentissage interne, révèle les angles morts stratégiques et positionne votre organisation pour la double transition verte et numérique de l’UE.

Si votre premier rapport ESRS est prévu pour l’exercice 2027, gardez en tête que les précurseurs de la vague 1 en seront déjà à leur quatrième cycle. Mettre en place les processus, collecter les données et aligner les équipes demande du temps. Attendre 2027, c’est prendre le risque d’un retard significatif.

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